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Pourquoi le cholestérol LDL est-il sans doute surestimé dans une alimentation LCHF

Ecrit le 2 Janvier, 2017 par Modifié le 21 Février 2017. Vous pourrez trouver l'article original en anglais en cliquant ici. Nous remercions Eric Duhamel pour nous avoir offert cette traduction.

Avoir un taux élevé de “mauvais” cholestérol, le LDL, est commun chez les personnes qui adoptent un style de vie low-carb, high-fat (LCHF). C’est la raison pour laquelle de nombreux médecins et nutritionnistes restent dans le doute vis à vis du mode d’alimentation LCHF, et ce, malgré de nombreuses preuves qu’une telle approche alimentaire améliore plusieurs autres paramètres de lipides, mène en général à une perte de poids et affecte positivement le métabolisme du glucose.

Plusieurs études ont montré que le LDL constitue un risque majeur pour le développement de l’athérosclérose (maladie cardiovasculaire) (1). Diminuer le taux de LDL est donc considéré comme le principal objectif pour réduire ce risque. Le Collège Américain de Cardiologie (ACC) et l’Association Américaine pour le cœur (AHA) préconisent d’ailleurs un traitement par statines pour les individus ayant un taux de supérieur à 190 mg/dL (4.9 mmol/L).

Cependant, le taux de LDL n’est pas une donnée fiable pour tout le monde. La principale raison étant qu’il n’est généralement pas mesuré en laboratoire. Même si des mesures directes peuvent être effectuées, elles ne sont réalisées que périodiquement de par leurs coût élevé. Un profil des Lipides standard devrait mesurer le taux de cholestérol total, les triglycérides (TG)(2), et le taux de “bon” cholestérol, le HDL (3). Le taux de LDL est alors indirectement estimé à partir de ces variables.

La majeure partie du cholestérol présent dans le sang est transporté par trois lipoprotéines: LDL, HDL et une lipoprotéine de très faible densité, (VLDL, de par son abbrévation anglaise). D’autres lipoprotéines en transportent une quantité négligeable. Ainsi, si l’on soustrait le cholestérol transporté par le HDL et le VLDL du cholestérol total, nous obtenons une estimation du taux de LDL. Le HDL est obtenu dans les mesures standards des lipides, cela n’est pas un problème. Mais, comment calculer le taux de VLDL?

La VLDL joue un rôle important pour transporter les Triglycérides dans le sang. Même si elle transporte aussi du cholestérol, elle est généralement classée comme une lipoprotéine riche en TG. Le ratio de la part de TG en comparaison au cholestérol dans la VLDL semble être relativement constant et est d’environ 5:1 pour des sujets en bonne santé.

Donc, si l’on soustrait la masse de HDL et 1/5 de la masse des TG du total du cholestérol, nous obtiendrons une estimation du taux de LDL. Il s’agit de l’équation de Friedwald (4), qui tient son nom du scientifique américain William Friedwald, ancien professeur de santé publique. Cette équation est utilisée partout dans le monde depuis des décennies pour calculer le taux de LDL.


L’équation de Friedwald est utilisée pour estimer le taux de cholestérol LDL (LDL-C)

Si l’unité de mesure est le mg/dL (comme aux Etats-Unis), la formule ressemble à cela: 

LDL-C = [Cholestérol Total] – [HDL-C] – [TG]/5


Si l’unité de mesure est le mmol/L (comme en Europe, au Canada ou en Australie), la formule ressemble alors à ceci: 

LDL-C = [Cholestérol Total] – [HDL-] – [TG]/2.2


Les inconvénients du calcul du LDL

Le principal inconvénient à utiliser la formule de Friedwald pour calculer le taux de cholestérol LDL vient du fait qu’on assume alors que le ratio TG/cholestérol dans la lipoprotéine VLDL est toujours le même, ce qui n’est pas le cas. Le taux de LDL sera sous-estimé si le ratio en question est supérieur à 5, et sous-estimé s’il est inférieur à 5. 

Après un repas riche en graisses, le taux de TG dans le sang va augmenter. Cependant, un taux élevé de TG dans le sang après un repas est causé par les chylomicrons produits dans l’intestin, tandis qu’un taux élevé à jeun est dû aux lipoprotéines VLDL produites par les TG dans le foie. Les Chylomicrons disparaissent rapidement après que les TG aient été livrés aux tissus. Ainsi, utiliser l’équation de Friedwald pour calculer le taux de LDL n’est valable que si les chylomicrons ne sont pas présents, et tous les TG ont été livrés aux tissus par la VLDL. D’où la nécessité d’une prise de sang à jeun. 

L’équation de Friedwald n’est pas valable si les TG sont élevés. Une étude récente suggère même que l’équation de Friedwald tend à sous-estimer le taux de LDL parmis les personnes ayant un taux de LDL faible quand les triglycérides sont modérément élevés (≥ 150 mg/dl) (6).

Actuellement, seule une concentration de TG supérieure à 400 mg/dL (4.5 mmol/L) est considérée comme un facteur limitatif pour l’application de routine de l’équation de Friedwald. Cependant, le fait qu’un taux faible de TG puisse surestimer le taux de LDL doit ici être surligné, notamment car cela peut avoir un impact évident pour le nombre grandissant de personnes adoptant un style de vie LCHF.







L’équation iranienne pour le calcul du cholestérol LDL

Dans une publication de 2001, Wang et ses collègues décrivirent un patient ayant un taux faible de TG d’environ 50 mg/dL, un niveau élevé de cholestérol, et un niveau de LDL discordant (7). Le taux de LDL en utilisant la méthode de calcul de Friedwald s’est avéré beaucoup plus élevé que celui obtenu en utilisant une mesure directe. Les auteurs ont alors suggéré pour la première fois qu’en présence de peu de TG et de beaucoup de cholestérol, le taux de LDL devrait être mesuré par prise directe au lieu d’utiliser l’équation de Friedwald.

Ces résultats furent ensuite confirmés par une publication de 2008 de chercheurs iraniens montrant qu’avec des concentrations faibles de TG, l’équation de Friedwald pouvait surestimer le taux de LDL à un niveau tel que cela pourrait affecter la prise de décision clinique (8)

Ces chercheurs iraniens ont suggéré une équation différente pour le calcul du LDL

Si mg/dL est l’unité (comme aux Etats-Unis) la formule est comme suit: 

LDL-C = [Cholestérol total]/1.19 +TG/1.9 – [HDL-C]/1.1 – 38


Si l’unité est le mmol/L (comme en Europe, au Canada ou en Asutralie), la formule est alors: 

LDL-C = [Cholestérol total]/1.19 +TG/0.81 – [HDL-C]/1.1 – 0.98


Les chercheurs ont conclu que quand on utilise l’équation originale de Friedwald, un taux faible de TG peut affecter positivement le calcul du LDL, et que pour corriger cette erreur, le niveau de LDL devrait soit être mesuré directement, soit être ajusté en suivant une formule modifiée. 

Cela pourrait avoir une implication dans la pratique pour les personnes suivant un mode de vie LCHF, ce qui est de plus en plus fréquent de nos jours. Une des première choses qui se passent lorsque l’apport de glucides est réduit est précisément que les taux de triglycérides dans le sang chutent, souvent de façon très prononcée. Prenons un exemple vécu. 

Un homme de 47 ans qui a adopté un style de vie LCHF il y a 6 mois montre les résultats suivant:

  • Cholestérol total: 293 mg/dL (7.6 mmol/L) 
  • HDL-C: 60 mg/dL (1.5 mmol/L) 
  • TG: 70 mg/dL (0.8 mmol/L) 
  • Le LDL-C est de 219 mg/dL (5,7 mmol/L) si on le calcule avec l’équation de Friedwald 
  • Le LDL-C est de 190 mg/dL (4.9 mmol/L) si on le calcule selon l’équation des iraniens 

Cela fait une sacré différence, ne trouvez-vous pas? 

Aussi, l’une des raisons pour lesquelles le taux de LDL est souvent élevé si l’on suit une diète LCHF est sans doute dû au fait que l’équation de Friedwald surestime le taux de LDL lorsque les TG sont peu présents.

Vincent arrive à la cinquantaine avec 130 kg sur la balance et la conviction de l'urgence de perdre du poids. En adoptant l'alimentation LCHF, Vincent a pu dire au revoir à 22 kg en 14 mois. A mi-chemin de son objectif, il partage avec nous ses impressions.

EatFat2BeFit : Nous tenons à vous remercier pour cet entretien. Tout d’abord pouvez-vous vous présenter, et nous expliquer votre façon de vous alimenter avant d’avoir pris la décision du changement ?

Vincent : Profession sédentaire, presque la cinquantaine, presque toujours en fort surpoids depuis l’âge de 20 ans. Habitué des régimes… Après une jeunesse sportive (natation à haut niveau jusqu’au bac), ma pratique sportive est devenue épisodique dans ma vingtaine, et quasi nulle depuis ma trentième année. Aussi je me suis mis à enfler, enfler. 

Après être passé de 78 kg (pour 1m85) à 112 entre l’âge de 18 et 25 ans, j’ai eu une expérience de régime réussie à cette époque avec la méthode Montignac, où j’ai perdu 24 kg en 26 semaines. C’était en 1992. Le seul problème est que par manque de rigueur intellectuelle dans la gestion de l’après régime, cette méthode ne m’a pas permis de comprendre comment ne pas reprendre de poids. Alors entre 1992 et 2000, je suis graduellement, par paliers de 4 à 5 kilos, repassé de 88 à 110, puis progressivement 115, 120… A la fin des années 2000, j’ai décidé de me faire suivre par une diététicienne. Tout en ayant l’impression de faire attention à ce que je mangeais (réflexes “montignaciens”), je perdais et regonflais aussi vite. Pire encore, j’avais l’impression d’être “addict” à la nourriture, et plus particulièrement les “saloperies”, pardon du terme: bidules apéritifs, tartines de tout et n’importe quoi. Sur la fin, je n’arrivais plus à contrôler mes pulsions de grignotage. il y a 14 mois, en sortant des fêtes, j’avais cassé à la hausse la barre des 130 kg… J’étais désespéré au point d’envisager de me faire réduire l’estomac. Mais devant les contraintes que cela représentait, j’ai tenté de “trouver autre chose”. Et là, le hasard m’a mis sur la route de l’alimentation LCHF. 

EatFat2BeFit : Comment avez-vous connu l’alimentation LCHF et pourquoi l’avoir choisie ?

Vincent : Pour être franc, au début, je n’y croyais pas trop. Ne m’étant renseigné que superficiellement sur le sujet, je ne voyais pas les différences avec Montignac (c’est corrigé depuis !), et je ne voyais pas comment un régime qui avait marché certes, mais que je n’arrivais plus à suivre et contre lequel mon organisme semblait se battre, pouvait fonctionner encore. 

C’est là que les infos reçues via EatFat2beFit, qui fut ma première source d’info LCHF, ont été décisives. J’ai décidé d’acheter le livre de Westman (nouveau régime Atkins) et ai correspondu avec Ulrich Genisson pour préparer ce que je considérais comme ma tentative de la dernière chance avant opération traumatisante. Ce qui m’a décidé à franchir le pas ? Découvrir que l’équipe de rugby de Nouvelle Zélande avait adopté une alimentation LCHF. Je me suis dit que si c’était bon pour eux, ce serait bon pour moi. J’ai également été sensible à de nombreux témoignages affirmant que, contre-intuitivement, manger gras améliorait les constantes sanguines de type cholestérol et triglycérides. Je me suis alors dit que je n’avais de toute façon rien à perdre, et je me suis lancé. 

EatFat2BeFit : Comment se sont passés vos débuts ? Avez-vous démarré de manière stricte sans écarts, ou y êtes-vous allés progressivement ?

Vincent : J’ai démarré en mode “intégriste”. Quand on décide d’y aller, il faut le faire sérieusement. J’ai dès le premier jour décidé d’arrêter tout sucre, tout amidon, et je me suis assuré que les quantités de légumes verts que je conservais dans mon alimentation me tenaient en dessous des 12-15g de glucides quotidiens préconisés par Westmann lors des 2-3 premières semaines de régime. Je n’ai pas pesé mes aliments, mais j’ai, en bon ingénieur, vérifié que tous les ordres de grandeur de ce que je mangeais me maintenaient dans les clous. 

EatFat2BeFit : Avez-vous été fatigué, avez-vous éprouvé d’autres effets indésirables ?

Vincent : Et bien non, bien que j’aie lu d’autres témoignages évoquant une fatigue en début de régime, ça n’a pas été le cas. En fait, dès le début, j’ai ressenti une “patate” extraordinaire. Il est vrai que dès la première semaine, j’ai laissé 2.5kg sur la balance: le moral s’en est extraordinairement ressenti. 

Et mieux encore: je n’avais plus faim. Dès la première semaine, mes envies de grignoter ont disparu ! J’ai commencé en Janvier 2016. Au bureau, c’est la période des galettes des rois: je n’ai eu aucune tentation d’y toucher, et aucun manque ressenti, alors qu’auparavant, je me serais jeté dessus comme un goinfre. Mes collègues de travail ont été très surpris !

Le seul effet indésirable ressenti assez vite fut… une constipation vraiment très douloureuse. Là encore, le forum EatFat2beFit m’a apporté la solution: boire une eau riche en magnésium. Je suis devenu Héparophile ! J’en consomme 2 packs par semaine. 

EatFat2BeFit : Surveillez-vous votre cétose avec des bandelettes ou un outil électronique ?

Vincent : Non, je n’ai pas poussé le professionnalisme jusque là. Question indicateur, la décrue de mon poids sur la balance me suffisait amplement. 

EatFat2BeFit : Avez-vous été accompagné par des professionnels de santé dans cette démarche ou avez-vous abordé l’alimentation LCHF seul ?

Vincent : Non, et non. Ma diététicienne, en 4 ans de mauvais et loyaux services, ne m’avait jamais évoqué ne serait-ce que l’existence des régimes LCHF. Je sais qu’il n’est pas raisonnable de tirer une généralité d’un seul cas, mais disons qu’elle n’a pas contribué à redorer le prestige de la profession dans mon esprit. 

Mais je n’étais pas seul pour autant: le fait de pouvoir partager mon expérience avec les autres membres du groupe facebook eatfat2beFit, et d’apprendre des expériences des autres, m’a permis de persévérer, notamment dans les moments un peu plus difficiles. 

EatFat2BeFit : Prenez vous des compléments alimentaires ? Si non, comptez-vous le faire ?

Vincent : Aucun. Mais j’étudie la question, surtout pour la vitamine D. 

EatFat2BeFit : Qui cuisine à la maison ?

Vincent : Moi. Je ne me débrouille pas trop mal, mais je ne cuisine que le salé, je n’ai jamais eu le don pour les desserts, qui restent le domaine réservé de mon épouse. 

EatFat2BeFit : Comment se passe concrètement une journée alimentaire pour vous ? Votre travail semble très prenant, alors comment vous organisez-vous au quotidien, en particulier au travail ?

Vincent : Je travaille à 50km de chez moi, je mange donc tous les midis au restaurant. Quand je suis au bureau, pas de problème, mon restaurateur de village me connaît, il n’y a jamais de pain sur ma table, et son menu propose toujours une grillade quand aucun autre plat ne peut convenir, donc je sais que je pourrais manger. Quand mes déplacements me poussent à trouver un autre restaurant, je cherche la grillade. Si je ne trouve pas, je saute un repas. C’est un des avantages de la méthode, je peux sauter un repas sans difficulté, et ne pas en être fatigué, ni même avoir envie de surcompenser le soir. 

Pour le petit déjeuner, j’alterne fromages, œufs, charcuteries, ou poissons gras, avec ou sans café selon mon humeur. Et le soir, je cuisine pour la famille, donc je maîtrise ce que je mange. D’ailleurs, le soir, en général, je mange assez peu, au grand étonnement initial de mes proches, qui me connaissaient plutôt glouton. 

EatFat2BeFit : Avez-vous introduit de nouveaux aliments ? Lesquels ?

Vincent : Pas d’aliments “improbables” (je suis dubitatif quand j’entends parler de Kefir ou d’huile de noix de coco… J’essaierai un jour, promis !), mais j’ai considérablement élargi ma base de légumes (courges, fenouil, celeri rave, haricots mungo, etc…) et j’ai découvert les farines alternatives grasses, comme le lupin ou le lin. Et j’ai recommencé à cuisiner au beurre, alors que l’on m’avait mis dans la tête de n’en plus rien faire ! 

EatFat2BeFit : Quels sont les aliments que vous aimiez et que vous ne mangez plus ? Quel degré de difficulté pour vous cela a représenté de les bannir ?

Vincent : J’adore le bon pain, les pâtes, le riz, la semoule, ou les gâteaux de grands pâtissiers. Et pourtant, j’avoue ne pas avoir de difficulté à ne plus y toucher. 

Quand j’aurais atteint mes objectifs de poids (je suis à la moitié du chemin), je pense que je me permettrai de rares excès. Mais ils seront toujours associé à la qualité et au plaisir. Par exemple, cet année, lors des fêtes, j’ai, comme chaque année, fréquenté quelques tables gastronomiques. J’ai évité les pains (bien qu’ils y soient excellents) et j’ai choisi mes plats en limitant les dégâts, mais j’ai tout de même mangé les desserts… 

EatFat2BeFit : Aimez-vous manger en général ? Considérez-vous cette diète comme savoureuse ou incompatible avec le plaisir de manger ?

Vincent : J’adore manger, et la diète LCHF permet de très bien manger, tant qu’on reste dans le salé. Tenez, ce week end, c’était Osso Bucco et frites de courgettes (la recette de Nelly…), cela n’a rien de triste, croyez moi ! Par contre, je n’ai pas le temps d’apprendre les desserts Kéto, donc pour l’instant, je reste sur le salé. Mon unique tentative de cupcakes au cacao s’est soldée par un désastre gustatif ! 

EatFat2BeFit : Comment gérez-vous les repas à l’extérieur, au restaurant ou en famille ?

Vincent : J’ai déjà évoqué le restaurant. En général, on arrive à limiter les dégâts, les restaurateurs savent le plus souvent écouter les besoins des clients. Et puis par réflexe, je ne touche plus au pain sur la table ou au sucre avec les cafés, c’est comme un refus mental de toucher ne serait-ce que du bout des doigts ces aliments. 

Par contre, en société, si je dois dîner chez des gens qui ne connaissent pas le LCHF… et bien tant pis, je mange ce que l’on me sert. Je ne fais aucun prosélytisme (les prosélytes sont souvent mal perçus, quel que soit le sujet) et je tente de limiter les dégâts discrètement, en sachant que de toute façon, le poids repris sera assez vite reperdu. 

EatFat2BeFit : Considérez-vous la diète cétogène comme handicapante d’un point de vue social ? Comment survivez-vous en ne consommant presque plus de glucides dans un environnement où ils sont partout ?

Vincent : Franchement non. Bien sûr, parfois, quand on déjeune à plusieurs entre collègues, mes demandes au restaurateur surprennent et peuvent susciter des questions. Mais les gens comprennent. Et puis ils m’ont vu fondre aussi. 

EatFat2BeFit : Faisiez-vous du sport avant et en faites-vous maintenant ?

Vincent : J’ai arrêté à la trentaine, sauf parfois en vacances (ski, randonnée). Pas le temps, et peur de m’épuiser à cause de mon surpoids. Mais j’y pense à nouveau...

EatFat2BeFit : Êtes-vous sensible à l’aspect santé de cette diète en termes de prévention des maladies métaboliques ?

Vincent : Oui ! J’avoue que j’étais inquiet au départ. Malgré les témoignages rassurants que j’avais lus avant de commencer, j’avais peur de voir mes constantes sanguines exploser sur le gras. Mais j’ai pu comparer mes analyses récentes avec celles d’avant régime, et toutes mes mesures sont en nette amélioration. Mon généraliste m’a félicité (et a été surpris quand je lui ai dit comment j’y suis parvenu. Il y a du boulot dans le milieu médical…).

EatFat2BeFit : Est-ce désormais votre alimentation - une sorte de philosophie alimentaire - ou bien pensez-vous cesser de manger cétogène un jour ?

Vincent : Clairement, je suis LCHF 4 life. Comme je l’ai dit, une fois mes objectifs atteints, l’écart sera l’exception et limité à des expériences à haut plaisir ajouté. 

EatFat2BeFit : Quel bilan global faites-vous de l’alimentation LCHF, quels sont les bienfaits que vous a apporté la diète cétogène en dehors de votre perte de poids ?

Vincent : Dès les premiers jours : plus de mal de dos le matin au réveil, niveau de ronflements réduit de façon considérable (mon épouse apprécie énormément), plus de somnolences au volant le soir en rentrant du travail, plus de coups de barre, plus de frénésie de grignotage, une impression de forme physique en nette amélioration… 

Tenez, une anecdote. Je viens de passer une semaine au ski, la première depuis 4 ans. J’ai fait des journées 9h-16h non stop sans manger, sans ressentir autre chose qu’un léger mal de cuisses tout à fait normal au ski, et surtout sans avoir envie de me jeter sur tout et n’importe quoi en rentrant. Une petite collation (fromage, fruits à coque), et je pouvais attendre le repas du soir sans difficulté. Deux ans avant, avec 20kg de plus, le seul fait de grimper une côte en marchant m’essoufflait. Aujourd’hui, je sens que je suis mûr pour reprendre une pratique sportive de basse intensité sans souci.

EatFat2BeFit : Abordons maintenant spécifiquement votre perte de poids qui a motivé vos changements. Nous savons que vous suivez scrupuleusement son évolution. Pouvez-vous partager cette remarquable évolution avec nous ?

©Vincent Benard


Vincent : La perte de poids a suivi une courbe d’abord très raide puis progressivement s’est aplatie. J’ai perdu 22 kg en 14 mois, dont 10 kg les 100 premiers jours, puis une perte plus modérée depuis, 4 kg par 100 jours en moyenne. Il y a eu quelques petites périodes de doute, lorsque des “plateaux” semblent atteints, ou lorsque j’ai dû interrompre le régime plusieurs semaines pour cause de déplacement en famille non LCHF. Je savais que ça arriverait, puisque Westmann en parle dans son livre, et recommande de ne rien lâcher. C’est ce que j’ai fait, et le poids a toujours fini par rebaisser. La perte se fait plutôt par à-coups, chaque palier étant un peu plus bas que le précédent. 

EatFat2BeFit : Quels conseils donneriez-vous à ceux qui hésitent à franchir le pas ? A ceux qui démarrent ?

Vincent : D’abord, je pense que vous ne risquez rien à essayer. Par contre, il faut bien lire et bien comprendre les principes, le livre de Westmann est pour cela un très bon point d’entrée. Ensuite, ne pas avoir peur de manger gras, déculpabiliser par rapport au gras, et ne pas écouter ceux qui savent mieux que tout le monde comment maigrir sans avoir jamais eu à le faire.

Enfin, ne restez pas seul. Un groupe d’entraide comme le groupe Facebook EatFat2beFit est vraiment essentiel pour garder la motivation sur la durée, surtout quand le premier “plateau de poids” se produit. 

Ah, et puis si vous ne cuisinez pas vous-même, il faudra évangéliser celui ou celle qui vous prépare le repas. Je n’ai pas eu ce problème, mais je suppose que ça doit être difficile, surtout si vous êtes le seul membre de la famille à avoir besoin de perdre du poids. 

EatFat2BeFit : Un dernier mot pour nos lecteurs ? Votre prochain objectif ?

Vincent : Chaque individu est unique. Il y a peut-être des pathologies hormonales qui font que, chez certaines personnes, le résultat ne sera pas identique. Mon expérience n’est que cela : une expérience. Mais elle a changé ma vie, à bientôt 50 ans, et m’a redonné l’espoir d’une espérance de vie normale à long terme (les très gros vivent rarement très vieux…). Mon prochain objectif : perdre encore 20kg supplémentaires, et reprendre le sport aux beaux jours (j’hésite entre le kayak en ligne et l’aviron). Pour les kilos, je pense qu’il me faudra encore 18 mois environ. Je vais aussi me renseigner sur les programmes de tonification musculaire que l’on peut faire à domicile, sans appareils. Parce que ce n’est pas tout de perdre du poids, mais il faut retendre la peau par dessus le muscle ! Mais chaque chose en son temps…

EatFat2BeFit : Merci Vincent pour ce témoignage !

***
Note : Si vous aussi vous souhaitez apporter votre témoignage de l’alimentation LCHF aussi bien pour rester en forme que pour perdre du poids, dans le cadre d’une performance sportive ou pour lutter contre la maladie, n’hésitez pas à contacter EatFat2BeFit.fr car chaque expérience partagée est précieuse.


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(Sortie le 24 mai 2017)


Non, vous ne rêvez pas c'est bien le retour des recettes sur le blog !
J'essaie un peu de sortir de notre grotte Céto Top. 
Après avoir calé nos menus pendant 4 mois selon les 150 recettes du livre, me voilà de nouveau libre de créer, inventer (rater aussi parfois ^^) sans limite en cuisine.

Et cette semaine, c'est le Pont l’Évêque du fromager qui m'a inspiré ces petits roulés dégoulinants de douceur.

Facile, rapide, c'est typiquement ce que j'appelle un plat cocooning.

Celui qui me fait presque aimer le mois de mars et ses giboulées à gogo 🌂... j'ai bien dit "presque" 😉

Bon appétit les low carbers 💚

La recette, les photos du pas à pas et les valeurs nutritionnelles sont téléchargeables par -ICI-

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(Sortie le 24 mai 2017)



Pouvez-vous passer sur un régime riche en lipides et pauvre en glucides tout en maintenant votre niveau de performance ?

(Article publié en anglais sur le site de Precision Hydration )

Penny Barker est à 100 jours du départ de la compétition cycliste RAAM « Race Across America ». Nous avons suivi son cheminement vers cet événement épique, y compris son temps de 90 heures pour parcourir les 1490 km dans sa course de préparation « Race Across the west » ; Elle a pris le temps de partager ce qu'elle a appris de sa formation et de sa préparation, pour ce qui va rester la course de sa vie, elle partage notamment la raison pour laquelle l’entrainement Indoor est plus important que l’on pourrait le penser. La fin de son entretien concerne spécifiquement son expérience de son approche alimentaire LCHF. Son approche sur cette question est différente de la nôtre, mais c’est devenu un sujet brulant dont il est important de parler, notamment avec son expérience qui apporte un point de vu intéressant. Ces informations nécessitent bien quelques lectures si vous souhaitez vous y essayer. 

A vous Penny :

« Il y a deux catégories d’athlètes : les plus intelligents qui comprennent qu’ils ont besoin de savoir gérer leur consommation de sodium, et les autres qui ne le font pas. » -The Art and Science of Low Carbohydrate Performance” Jeff S. Volek PhD, RD and Stephen D. Phinney, MD, PhD
Si vous lisez ces quelques lignes, alors les chances que vous soyez dans la première catégorie sont grandes. Les minéraux sont beaucoup plus importants que ce que vous pourriez penser. Ils sont très importants dans une alimentation standard, en particulier pour les athlètes, mais leur importance est décuplée lorsque vous retirez les glucides de votre alimentation. Si vous équilibrez vos apports en minéraux, vous en récolterez les fruits. Si vous vous trompez, au mieux vous vous sentirez apathique et incapable d’avancer, au pire vous serez touchés par des crampes musculaires, une constipation et des symptômes connus sous le nom de « Keto Flu » ou grippe cétogène. 

Pourquoi êtes-vous passées sur une alimentation LCHF ?

Avant de poursuivre, un bref récapitulatif des raisons pour lesquelles j’ai fait le choix de l’option faible en glucides et riche en gras. Je m’entraine beaucoup. En Juin je vais tenter de devenir la seconde femme britannique à terminer « The Race Across America ». 3089 Miles (4800 km) d’une cote à l’autre des USA en 12 jours (record à 12 jours et 21h pour la classe féminine). Cette compétition cycliste est considérée comme l’une des plus difficiles du monde.

Je me suis qualifiée l’année dernière en participant à la course « Race Across the west » (928 miles en 90h) le long de la première partie de la course RAAM (Race Across America) qui comprend deux déserts. Mon problème est qu’avec une compétition de plus de 8h environ, mes intestins cessent de travailler correctement. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais je remercie dieu pour les buissons sur les parcours. 




Penny Barker, sur l’épreuve “Race Across the west”

Durant la compétition « Race Across the west », ma vitesse moyenne a chuté en raison des poses fréquentes dues à mes arrêts dans le désert pour mes problèmes de transit. Il m’a fallut 60h avec de l’Imodium pour m’en sortir. Mentalement et physiquement, j’étais vidé à ce moment là, mais heureusement j’avais quelques stocks de calories pour faire le job.

Revenons sur la course, car il devenait évident que quelque chose devait changer. Chaque course d’endurance ayant entrainé les mêmes problèmes. Pour terminer « Race Across America », je devais résoudre ces problèmes digestifs.

Avant de participer à « Race Across the west », je lis par hasard « Real Meal Revolution » du professeur Tim Noakes qui est un livre très scientifique sur les avantages à réduire drastiquement sa consommation de glucides, en retournant à notre état naturel de brûleur de graisse. Il est tout à fait radical à la fois dans sa réflexion que dans son écriture qui a raisonnée en moi.

J’ai dévoré ensuite à un rythme effréné d’autres livres sur le mode de vie LCHF, pauvre en glucides et riche en lipides (voir la liste en bas de page). Je dis mode de vie, car pour moi ce n’est pas un régime. J’avais besoin de quelque chose qui allait m’être bénéfique sur le long terme, à la fois comme athlète mais aussi comme être humain. Second point important, la nourriture est un sujet central dans notre système social, ce qui permet ou pas l’échec de nombreux régimes. J’ai besoin de savoir que je peux aller au restaurant, aller chez des amis pour dîner ou encore de savoir que je peux manger sans tracas supplémentaires. J’ai aussi besoin d’une alimentation pratique pour l’entrainement et la compétition et de savoir qu’elle couvrira mes besoins pour la performance.


Penny Barker pour la “Race Across America”

Quelle est la base scientifique derrière l'approche LCHF ?

Je vais vous l’expliquer très brièvement avant de continuer. Je suis vétérinaire, et la recherche fondée sur des preuves est très importante pour moi. Il y a beaucoup de science derrière tout ça. L’alimentation LCHF n’est pas encore grand publique et reste controversée, mais elle prend de l’ampleur à la fois dans les professions médicales mais aussi dans la communauté sportive, en particulier pour l’ultra. Je n’ai pas pour but d’entretenir la controverse ici, mais seulement de vous expliquer suffisamment de principes afin que le reste puisse être compréhensible. Si vous voulez plus de preuves, je vous invite à lire les ouvrages de Jeff Volek et de Stephen Phinney. 

J’ai trouvé assez de preuves suggérant qu’un régime faible en glucides et riche en lipides (LCHF) pourrait soutenir ma performance sportive et mettre au silence mes cauchemars gastro-intestinaux. La science derrière l’alimentation LCHF est que : une fois que vous êtes devenus céto-adapté grâce à la cétose nutritionnelle, votre métabolisme est en mesure de switcher pour devenir un bruleur de gras et ainsi avoir accès à votre énorme réservoir de graisse corporelle. Vous devez donc limiter votre consommation de glucides lors de votre entrainement, ce qui signifie que vos intestins sont au repos durant l’effort.

Votre sensibilité à l’insuline est accrue, à un niveau redevenu normal car vos cellules ne baignent plus dans le sucre (comme c’est le cas avec un régime occidental traditionnel), ce qui signifie que lorsque vous consommez des glucides, vos cellules sont disposées à le recevoir efficacement comme un super carburant. 

Peut-on vivre sans glucides alimentaires ?

Tout simplement : OUI ! Ils sont le seul groupe alimentaire qui n’est pas essentiel. Nous avons besoin de protéines pour les acides aminés essentiels, et nous avons besoin de graisse pour nos acides gras essentiels. Nous sommes parfaitement capables de synthétiser des glucides à partir des protéines et des graisses. 

Si vous donnez des glucides et des lipides à une personne qui n’est pas céto-adaptée, son organisme va préférer les glucides, car c’est plus rapide et facile pour elle. Mais le cerveau préfère réellement fonctionner aux corps cétoniques, et l’organisme sait synthétiser le glucose, il n’en a donc pas besoin.

Il y a longtemps, les médecins utilisaient l’alimentation cétogène pour traiter l’épilepsie. Ce fut déjà à l’époque un traitement très efficace, mais maintenant nous avons des études à grande échelle montrant les avantages des corps cétoniques pour le cerveau à la fois pour l’épilepsie mais aussi pour la démence par exemple. Ces découvertes commencent à arriver dans le monde vétérinaire pour nos animaux de compagnie, qui peuvent également bénéficier de nouvelles compréhensions du rôle des glucides dans la maladie. 

Les graisses saturées sont mauvaises pour la santé, n’est ce pas ?

La réponse courte est : NON ! Manger trop gras dans le cadre d’une alimentation riche en glucides sera mauvais pour vous (à la fois pour votre santé et votre tour de taille), mais le régime alimentaire riche en lipides ne soulèvent pas le cholestérol. Oui, vous élevez le niveau de graisses dans votre flux sanguin, mais elles sont en premier dans la file d’attente pour être métabolisées. Votre corps à besoin de toutes ces graisses naturelles.

Un régime alimentaire riche en graisse ne vous tuera pas si vous ne mangez pas tout le sucre et les glucides que nous avons généralement l’habitude de consommer. Nous avons fait passer les graisses comme le mal, mais il est temps de penser autrement, surtout lorsque les conseils diététiques classiques proposent toujours une alimentation faible en gras mais très riche en glucides.


Penny à l'entrainement

Qu’en est-il des protéines ?

L’alimentation LCHF est modérée dans l’apport de protéines (de 1.0 à 1,5g / Kg de poids corporel). J’avais augmenté ma consommation de protéines la saison passée en raison de la sagesse classique dans le sport, nécessitant de consommer beaucoup de protéines pour alimenter ses muscles, en particulier aux cotés des glucides après l’exercice. Le régime LCHF est modéré en protéines, l’objectif étant d’apporter les protéines nécessaires au métabolisme et non apporter un excédent qui serait converti en glucose et briserait la cétose nutritionnelle. J’ai réduit mes apports en protéines depuis que je suis en LCHF. Je mange de la nourriture normale au moment des repas, et j’ai arrêté les shackers de protéines après l’entrainement et ainsi que les barres.

La cétose nutritionnelle n’est elle pas dangereuse ?

Afin de bien de bien switcher entre la combustion principale de glucides, vers une combustion principale de lipides, vous devez réduire à moins de 50g de glucides par jour pour aller dans ce qu’on appelle « la cétose nutritionnelle ».

Ceci est très différent de la cétose dont les diabétiques souffrent – ils ont des niveaux élevés de sucre dans le sang et des niveaux très élevés de cétones ( et ceci en même temps, le glucose n’entre pas dans la cellule). Quand vous êtes en cétose nutritionnelle, vous avez des niveaux de sucre normaux ou bas, et vos taux de corps cétoniques ne monteront jamais dans les niveaux connus par les diabétiques.

Cette hausse du niveau de corps cétoniques indique que vous êtes en cétose nutritionnelle, et ces corps cétoniques sont ensuite utilisés comme combustible. Il faut quelques jours pour y arriver, idéalement vous y rester quelques semaines, avant de vous permettre de remonter votre quantité de glucides dans votre alimentation. Pour devenir métaboliquement flexible, il faut quelques mois. Vous devriez veiller à rester sur des niveaux très bas en glucides beaucoup plus longtemps pour permettre à votre corps d’être pleinement adapté. Alors, avec le chiffre magique de 50g, il faut faire attention car les glucides se faufilent partout. Il peut donc être plus facile de viser plutôt 30g de glucides par jours, permettant d’anticiper quelques erreurs en ayant une marge.

Alors a quoi ça ressemble concrètement 30g de glucides par jour ? 

Pour la plupart des athlètes, 30g de glucides est l’équivalent d’une barre énergétique standard, ou une boisson, un gel… Mais combien d’entre nous savent ce que ça peut représenter dans la vie courante ? 
  • Un latte / Cappuccino moyen = 17g de glucides
  • Un bol de porridge = 27g
  • Un verre de lait = 20g
  • Une pomme = 22g
  • Une petite banane = 30g
  • Une pomme de terre moyenne = 26g
  • 2 carottes = 11g
  • Une tranche de pain complet = 10g
Nous n’avons même pas abordé les céréales du petit déjeuner, riz, pâtes, quinoa, gâteaux et pâtisseries. Généralement, une portion de ces aliments nous mettra immédiatement en dehors de notre zone de 40-50g de glucides par jour. Vous devrez faire attention à chasser les glucides, qui sont partout y compris dans les avocats, les noix, les légumes racine etc…

Combien de gras faut-il pour être dans une alimentation « élevée en gras » ?

Beaucoup ! Sur le régime LCHF, entre 65 et 85% de vos calories viennent de la graisse (environ 20% des protéines et 5 à 15% des glucides). Les bonnes graisses vont vous faire vous sentir bien, elles sont très importantes pour ce régime.

Dans la pratique, cela signifie que vous mangez de la graisse à chaque repas. Terminées les options pauvres en lipides (et souvent riche en glucides). Désormais vous cuisinerez avec du beurre, du fromage à pâte dure, beaucoup d’huile d’olive sur les salades, vous mangerez vos viandes avec de la sauce. Vous ajouterez du beurre sur vos légumes, mettrez de la crème fraiche avec quelques baies, de la crème dans votre café ainsi que du beurre. Oubliez ce qu’on vous a martelé durant des années au sujet des graisses qui seraient mauvaises pour vous.

Alors, qu’est ce que vous mangez ?

Vous devez vous concentrer sur ce que vous pouvez manger, plutôt que sur ce que vous ne devez plus mettre dans votre bouche.

Nous devons désapprendre ce que nous avons appris concernant la nourriture. J’avais l’habitude de prendre une bouillie au petit déjeuner, presque tous les jours, avec une banane ou une pommes comme collations, des patates douces régulièrement pour le dîner, et je me régalais de beurre de noix sur du pain grillé. J’ai été aussi végétarienne durant quelques années. Tandis que je mangeais beaucoup de légumineuses dans mon ancienne vie, j’ai du les retirer dans mon alimentation LCHF car ils font rapidement sortir de la cétose à cause d’une trop grande quantité de glucides. Être végétarien était un choix de vie plutôt qu’un choix profondément éthique pour moi, j’ai donc décidé de revenir à manger de la viande pour totalement entrer dans l’alimentation LCHF.

Mon régime alimentaire est encore très varié, mais pour vous donner une idée, voici concrètement à quoi ressemble mon quotidien :

Petit-déjeuner :

2 œufs en omelette, cuite au beurre, ou des œufs brouillés, des épinards et du fromage.

Ou

Yaourt Full Fat, de la noix de coco séchée, quelques baies, des graines de chia, un peu d’huile TCM.

Déjeuner :

Grande salade avec des graines et des noix, beaucoup d’huile d’olive, du fromage, du thon.

Dîner :

Du poulet, des cotes de porc, du saumon ou un steak avec des légumes verts et du beurre.

Ou 

Un curry maison fait avec du lait de coco et du riz de chou-fleur.

Snacks :

Des noix du brésil, du céleri, du beurre d’amande (pas tout en même temps).

Chocolat noir à 100%, 

Voulez-vous nous parler des minéraux ?

Lorsque vous limitez largement votre consommation de glucides, votre corps modifie ses mécanismes de rétention d’eau et de sodium. Si vous ne remplacez pas le sodium que vous perdez dans vos urines, vous serez touchés par des maux de tête et des sensations de malaise. Physiquement et mentalement, vous vous sentirez léthargique et vous serez probablement touché par la constipation. Vos reins vont aussi excréter du potassium pour essayer de préserver le sodium. Le potassium est nécessaire pour la construction et le fonctionnement des muscles squelettiques de sortes qu’une carence peut véritablement compromettre vos performances et conduire à des crampes.

Tous les livres que j’ai lus, conseillaient d’augmenter la consommation de sel, mais je ne savais pas exactement l’importance de ce point. J’ai pris soin d’ajouter du sel à ma nourriture et avoir des boissons me permettant d’équilibrer mon pH tout en m’entrainant. En dehors des premiers jours, je n’ai pas souffert de « keto flu », mes intestins étaient au ralenti, mais j’ai commencé à souffrir des crampes les plus horribles de ma vie dans les jambes.

Je me suis souvent retrouvée durant des heures la nuit, à genoux sur le sol ou allongée, incapable de bouger mes jambes dans un sens ou dans un autre par des muscles totalement tétanisés par une crampe. Après avoir relu Volek et Phinney, j’ai commencé à compléter mon alimentation en magnésium et j’ai augmenté mes apports en sodium dans mon alimentation, notamment grâce à 1 ou 2 tasses de bouillon de légumes par jour. Les crampes ont cessé, mon transit est revenu à la normal et mes performances sportives sont revenues.



Penny Barker pour la RAAM

Ok, mais pouvez-vous vraiment vous entraîner sans glucides ?

Il y a de plus en plus de partisans pour l’alimentation LCHF aussi bien dans la vie, pour le sport d’endurance, la vitesse, la force et il y a beaucoup de preuves à l’appui. Une fois que votre corps est céto-adapté, et que vous avez trouvé l’équilibre en matière de minéraux, vous pouvez effectuer tout ce que vous faisiez avant de passer sur un régime pauvre en glucides. Pour moi la preuve est venue sous deux formes différentes.

En septembre, après 3 mois en LCHF, j’ai fait une course de 100 miles. J’ai pris une omelette pour le petit déjeuner environ 2 heures avant le départ et pendant la course, j’ai mangé 7 noix du brésil, un morceau de fromage et une tranche de pâté en croute. 

Ce fut un parcours vallonné et difficile mais j’ai pu terminer les 20 derniers miles à fond. J’ai pris une tasse de thé à la fin, puis j’ai fait mon shopping hebdomadaire. Ensuite seulement j’ai pris le temps de boire un café avec un biscuit. Le soir j’ai pris un diner composé de saumon, de légume et d’une patate douce. Aucune faiblesse dans l’épreuve, pas de baisse d’énergie, pas d’épuisement de mes réserves de glycogène. Ce fut pour moi la première épreuve confirmant les bienfaits de ce régime, mon bilan était très enthousiasmant. 

Peu de temps après cette course, je me suis soumise à une batterie de tests avec mes entraineurs. J’ai fait une mesure de VO2max ainsi que du seuil de lactate, et comme les gaz inspirés et expirés sont finement mesurés, il est possible de calculer précisément le moment ou je commence à bruler plus de sucre que de gras. Mon test à montré que ma puissance aérobie en rapport avec mon poids depuis mon passage en LCHF était la même qu’avant la « Race Across the West » ou j’avais fait mon dernier test. Le point ou je passe d’une combustion de graisse à une combustion de glucides est monté de 40W. A toutes les intensités, en dehors de l’anaérobie à 100% de mes possibilités, je suis encore capable de bruler de la graisse. 

Alors plus de gâteaux … Jamais ?

Si vous êtes un individu en bonne santé (C'est-à-dire pas touché d’obésité, de diabète, et autres) et que vous avez switché de carburant, c’est à vous de voir comment vous voulez rester en low carb. Certaines personnes sont sur du zero carb, et d’autres utilisent une approche cyclique avec des quantités de glucides variables.

Je pratique quelque chose à mi-chemin qui est basé sur une stratégie appelée « Optimised Fat Metabolism » lancé par Peter Defty qui dirige une société appelée VESPA. Il travaille avec un certain nombre d’athlètes, y compris Romain Bardet (second du Tour de France l’année dernière) en utilisant des glucides stratégiquement disposé dans une base alimentaire LCHF stricte.

Il existe un concept important à saisir : « la flexibilité métabolique ». Ce qui signifie que vous obtenez les avantages pour la santé du métabolisme des graisses, tout en optimisant le coup de pouce des glucides pour la performance si besoin. Je fais des entraînements à jeun le matin en aérobie, mais quand je fais des sorties plus longues et plus difficiles j’utilise de façon ciblé un peu de glucides. 

J’ai laissé tomber les gels et les barres énergétiques, pour des options beaucoup moins transformées (barre aux noix, avoine et fruits naturels) ou tout simplement de la nourriture entière, du fromage ont été suffisants pour alimenter ma dernière course de 7H. Les aliments riches en lipides me permettant aussi de me sentir plus rassasiée. Je prends une patate douce par exemple le soir avant et après une sortie difficile, avec un cappuccino et même un petit morceau de pain grillé avec du beurre de noix certains jours, voir même un peu de pudding les jours d’abondance.

La plupart du temps je suis toujours autour de 50g de glucides par jour, et les jours d’entrainement très long je suis probablement autour de 150g. Mais on reste très loin de ce qu’absorbe un athlète d’endurance « normal ». Avant de passer au LCHF j’étais plutôt autour de 100 à 150g de glucides par jour comme base, avec 30g de glucides à l’heure sur le vélo.

Penny Barker pour la RAAM 

Comptez-vous les glucides pour tout ?

Oui, pour commencer vous n’avez pas le choix, le temps d’apprendre à les dénicher. MyFitnessPal m’a simplifié la vie. Cette application garde une trace de mes macros jusqu’au moment ou je me suis senti à l’aise pour savoir à l’avance à quoi ressemble une journée en LCHF.

Je suis très obsédée pour les glucides, en particulier quand j’ai commencé à en rajouter sur ma base LCHF. Je trouvais que réduire drastiquement sa consommation de glucides n’étais pas très difficile pour renverser le processus d’utilisation des lipides. C’est très néfaste et contreproductif d’utiliser de nouveau les glucides, c’est un stress qui inhibe la combustion de graisse (le cortisol aime les glucides). J’en ai parlé à Peter Defty et il m’a réconforté grâce à quelques podcasts qu’il a fait avec ses athlètes.

Mon époux s’est converti avec moi à l’alimentation LCHF, mais en étant moins strict. Il est encore dans une phase d’apprentissage, et comme tout ce que nous faisons dans la vie, il m’a appris des choses sur moi-même (Notamment avec des données d’entrainement qui sont pas forcement pertinentes pour d’autres, car c’est un processus individuel).

Quels sont les autres avantages et inconvénients ?

Une grande partie des discutions et de la littérature sur les athlètes qui souffrent moins de douleurs musculaires grâce au régime LCHF, en raison de la production moindre de radicaux libres à partir de la combustion des graisses et donc moins de dommages oxydatifs aux muscles. Alors que j’ai toujours des douleurs quand je fais des exercices difficiles en salle, je n’ai plus de douleurs quand je fais des entraînements difficiles sur le vélo. Soit je ne travaille pas assez durement, soit la littérature est vraie !

La combustion maximum de lipides prend un certain temps, de sorte que vous devez bien vous échauffer pour être dans la zone optimale. Je prends au moins 30 à 40 min pour m’échauffer et faire une bonne session difficile d’interval training, et sur les épreuves longues, je prends une heure pour monter en régime. Je ne me sens pas très bien si je dois monter en puissance trop vite. 

Vous pensez que ça va fonctionner pour « Race Across America » ?

La réponse honnête est que je ne sais pas. Il y a beaucoup de paramètres qui peuvent me causer une détresse intestinale, y compris les nerfs, la chaleur et la déshydratation. Mon ancienne stratégie riche en glucides n’a pas fonctionnée, il est donc intéressant d’essayer quelque chose de nouveau. Je suis convaincu que l’approche LCHF est bien plus saine, et donc indépendamment de ce qui se passera sur la RAAM, je ne reviendrai pas à mon ancien régime riche en glucides.

Utilisez-vous encore les produits Précision Hydratation ?

Absolument. Comme j’ai besoin de prendre plus de sodium, j’absorbe du bouillon de légumes avant de m’entrainer pour m’assurer que mon système sanguin à ce qu’il faut, mais j’ai aussi « 1000s » sur mon vélo. A l’intérieur, j’utilise souvent « 1500s » comme je transpire beaucoup plus. Je recharge sur des sessions plus longues avec des capsules de « SweatSalt » car c’est un moyen pratique à transporter, et j’ai toujours une bouteille de « 500 » disponible si je suis dehors.

Tout compte fait, ceci est une aventure. Je serai dans un camp d’entrainement à Ténerife, d’ici quelques semaines, ce qui sera mon premier grand test de cette nouvelle stratégie LCHF. Je suis donc très impatiente (aussi pour avoir un peu de soleil).

Ma liste de lecture d’ouvrages LCHF :

  • “The Art and Science of Low Carbohydrate Performance” Jeff S. Volek PhD, RD and Stephen D. Phinney, MD, PhD
  • “The Art and Science of Low Carbohydrate Living” Jeff S. Volek PhD, RD and Stephen D. Phinney, MD, PhD
  • “The Real Meal Revolution” Prof Tim Noakes, Jonno Proudfoot, Sally-Ann Creed
  • “What the Fat? Fat’s IN, Sugar’s OUT” Prof Grant Schofield, Dr Caryn Zinn, Craig Rodger
  • “What the Fat? Sports Performance – Leaner, fitter, faster on Low-Carb, Healthy Fat” Prof Grant Schofield, Dr Caryn Zinn, Craig Rodger
  • “The Low Carb Athlete” Ben Greenfield
  • Le site de Peter Defty's pour la stratégie OFM
(EatFat2BeFit.fr remercie Penny pour son autorisation de republication. Nous lui souhaitons un excellent résultat pour la RAAM)

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(Sortie le 24 mai 2017)


Couverture temporaire de Céto Top


6 mois d’un travail très intense et quotidien. Voici le temps nécessaire à la gestation d’un ouvrage offrant 100 000 mots de connaissances académiques sur l’alimentation LCHF, associées à 150 recettes, toutes illustrées en photos.

Avec des milliers de clichés pour n’en retenir que 150, et un manuscrit s’appuyant sur plus de 500 études cliniques, dont 250 citées ; Nelly et moi, nous avons essayé de traiter de la façon la plus exhaustive et la plus concrète possible l’alimentation LCHF au sens large. Macro et Micronutriments bien entendu, mais plus largement tous les sujets liés à votre métabolisme et à votre santé. Le système hormonal, le sommeil, l’activité physique, les qualités nutritionnelles des aliments sont des sujets aussi importants que votre microbiote ou de pouvoir déterminer une bonne fois pour toute quel édulcorant choisir.

Une diète cétogène, qui s’inscrit dans un but précis passant par la perte de poids, la lutte contre la maladie, mais aussi de façon plus légère autour du « life style » ou dans la recherche de la meilleure nutrition pour le sport.

Pour vous offrir l’opportunité de découvrir en avant-première ce dont il est question, voici ce que vous pourrez trouver dans notre ouvrage avec un résumé de la table des matières :

PRÉFACE

INTRODUCTION

COMMENÇONS PAR LE COMMENCEMENT : LE LCHF, c’est quoi ?

TOUS UNIQUES : NOS CONSEILS POUR COMPOSER DU « SUR MESURE »

LES INGRÉDIENTS DE BASE

En courses : apprendre à décoder les étiquettes et déjouer leurs pièges

BASE DE l’ALIMENTATION LCHF ET GESTION DU POIDS

ET LE SPORT DANS TOUT ÇA ?

VAINCRE ET PRÉVENIR LA MALADIE AVEC L’ALIMENTATION LCHF

LE LCHF POUR UNE MEILLEURE QUALITÉ DE VIE

ON PASSE À L’ACTION !

150 RECETTES LCHF EN IMAGES

QUESTIONS / RÉPONSES

Nelly a mis au point, réalisé, et photographié 150 recettes. Elles sont faciles à mettre en œuvre avec peu d’ingrédients, rapides à réaliser, et surtout très gourmandes ! Garanties 100% sans gluten, et très souvent sans lactose. Nous sommes très loin du stéréotype médical de l’alimentation cétogène. La raison en est simple, puisque c’est notre mode de vie au quotidien depuis bientôt 4 ans. Nous vivons chaque jour, l’alimentation LCHF recommandée dans cet ouvrage. Tout ce qui se trouve dans ce livre, nous le vivons directement. Nous ne sommes pas touchés par la maladie et pourtant nous avons fait ce choix, car c’est véritablement une façon de s’alimenter nous offrant l’opportunité de nous maintenir au top de la forme !

Ce livre symbolise la synthèse de toutes les connaissances acquises à partir de notre expérience, ainsi que de nos nombreuses lectures. Nous avons essayé, grâce à un seul ouvrage, de vous offrir tous les outils nécessaires à la fois pour une parfaite compréhension de l’alimentation cétogène, mais aussi de sa mise en pratique. Pas de recette magique dans cet ouvrage, mais des clés pour que vous puissiez comprendre et mettre en place vous-même une alimentation totalement personnalisée selon vos besoins et votre mode de vie. CETO TOP c’est le guide, les astuces et les recettes pour que vous puissiez vous offrir une nutrition LCHF sur mesure.

Notre ouvrage CETO TOP aux éditions Thierry Souccar, sortira en France, Belgique, Suisse et au Québec à partir du 24 mai 2017. Vous pouvez dès à présent le pré-commander sur Amazon en cliquant ici.